La présence de l’homme est très ancienne et remonterait au Paléolithique (environ 30 000 ans avant notre ère) ; des silex taillés ont été retrouvés notamment au cap Taillat.

C’est surtout vers 5 000 ans avant notre ère que se sont multipliées les traces des occupations humaines. 
Sur le site des Sellettes, de nombreux fragments de céramiques ont été retrouvés sur une station néolithique, ruisseau des Bouis, de même que plusieurs outils en silex rond, (armature à tranchant transversal, flèche au tranchant trapézoïdal, meule ovale en gneiss local...).

Sur le site du cap Taillat, des pointes de silex, des haches polies, des fragments de verres ainsi qu’une tombe collective (mégalithique), ont pu être identifiés.

Sur le site du quartier des Marres, des menhirs ont été signalés de même que sur le plateau de Pascati. 
Des couteaux en obsidienne, verre volcanique provenant de Sardaigne ou des Iles Eoliennes prouvent aussi que, plusieurs millénaires avant les Grecs et les Etrusques, des marins préhistoriques sillonnaient déjà la Méditerranée.

A l’Âge du bronze (1800-1900 avant J-C), la navigation servait de lien entre les différentes implantations humaines le long du littoral. Un habitat de cet âge occupait l’extrémité du cap Lardier

La colonisation romaine laisse, très tôt, d’importants vestiges. De nombreuses épaves sous-marines contenant des amphores vinaires ont été découvertes au large du cap Camarat, en baie de Briande ou autour du cap Taillat. Des poteries romaines ont été trouvées près de l’ancien poste des douanes, avec des clous en bronze. Il existe également de grandes fermes romaines en arrière de la mer, notamment au quartier des Sellettes où furent trouvés au siècle dernier des tombes en briques, les restes d’un aqueduc ainsi que des tuiles, des poteries et des médailles du Haut Empire.

 

Au cours du Xème siècle, des Sarrasins venus d’Espagne se sont probablement établis dans notre région. Mais, à ce jour, aucune trace archéologique de ce passage n’a été répertoriée.

La légende raconte que les habitants de Ramatuelle affrontèrent les Sarrasins qui voulaient s’emparer de leur village. N’ayant plus de munitions, les habitants firent rouler sur les assaillants des blocs de rochers et leur jetèrent des ruches d’abeilles. 
Malgré les luttes des habitants pour repousser ce peuple étranger, les Sarrasins réussirent à s’installer sur les terres de Ramatuelle. 
Certains historiens pensent que le nom de Ramatuelle pourrait être issu de l’expression arabe « RAHMATU-iiah » qui signifie « Providence divine ».

C’est Guillaume Ier le Libérateur qui libéra la Provence des Sarrasins en 973 et fut le fondateur de la dynastie des Comtes de Provence.

 

Une première motte castrale a existé au quartier de l’Oumède, au lieu-dit "Ville-vielli" entre le Xème et le XIIème siècle.

 

C’est probablement le premier village de Ramatuelle.

Par ailleurs, c’est dans "Les Chartes de l’abbaye de St Victor", publiées en 1055, qu’il est fait mention pour la première fois de Ramatuelle.

Du village ancien, nous connaissons les remparts et les tours de guet, dont l’une a servi pour faire le clocher de l’église.

La seconde moitié du XVIème siècle fut marquée par les guerres de religion entre protestants et catholiques. Ramatuelle servit à cette époque de place-forte aux troupes du Comte de Carcès ("La Ligue") qui occupèrent la Basse Provence pour empêcher l’accession au trône du roi protestant Henri IV. Les habitants connurent encore des pillages, des viols... 
Le village, assiégé par les troupes de la milice de Saint-Tropez venue le délivrer des "ligueurs", subit de nouveau des destructions et la grande muraille ne résista pas à cette opération. Aujourd’hui, la porte sarrasine est le seul élément qui en a été conservé, avec le clocher qui est une ancienne tour, et une longueur de muraille qui flanque l’église à l’Est.

 

Pendant la seconde guerre mondiale, le village fut marqué par l’occupation du territoire par les troupes ennemies, lorsque ces dernières franchirent la "ligne de démarcation". 
En novembre 1942, les premiers soldats italiens, les "alpini" investirent le village et s’installèrent sur des points stratégiques situés sur les hauteurs (moulins de Paillas, collines du Col de Collebasse...).

La résistance s’organisa avec la "brigade des Maures" à laquelle plusieurs Ramatuellois appartenaient. 
Après la reddition de l’Italie, les Allemands prirent la relève des Italiens. Leurs premières troupes d’occupation s’établirent non seulement sur les hauteurs des collines, mais aussi sur tout le littoral où ils implantèrent de nombreux points d’appui reliés à un poste de commandement établi au château Charavel. C’est ainsi que les allemands exigèrent du Maire que 80 hommes soient mobilisés pour débroussailler, déboiser les superbes pinèdes de l’arrière plage de Pampelonne et raser les dunes de manière à faciliter les tirs d’artillerie ou de mitrailleuses dans la perspective d’un futur débarquement. 
Les habitants des campagnes de la frange littorale du Pinet au cap Lardier durent évacuer leurs demeures et se réfugier dans le village.

Lors du débarquement des forces alliées le 15 août 1944, ceps de vigne, arbustes, haies de roseaux furent détruits par des bulldozers de manière à aménager dans l’arrière plage de Pampelonne (partie Sud) une piste d’atterrissage permettant une liaison avec les bases installées en Corse et en Afrique du Nord. Il faudra plusieurs années pour reconstituer le vignoble. 
C’est le jeune lieutenant André Murphy sous les ordres du général Patch qui, lors du débarquement allié du 15 août 1944, foula le premier avec sa troupe le sol français, ce qui valut à cet héroïque Américain la légion d’honneur en 1948. Le mouvement de Libération débuta donc sur la plage de Pampelonne. 
Après la « Libération », il fallut de nombreuses années pour déminer la plage, reconstituer les vignobles, réhabiliter les routes. Le paysage littoral, tel qu’il se présente aujourd’hui, n’en demeure pas moins radicalement transformé par l’Histoire.